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La cure…

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Certains jours, elle doutait presque de son existence… Il était toujours à ses côtés, sans pouvoir lui tenir la main. Sa présence fantômatique, enveloppante, réconfortante, souffrait d’un triste manque de bras tendus et de baisers à la volette. Mais elle ne pouvait lui en tenir rigueur…

Ça non, jamais.

Dans un tiroir, elle gardait, pour les jours gris, une pile de pastels de ses yeux, qu’elle avait esquissés au hasard de leurs trop courtes rencontres. Elle pouvait, au moindre désir de le voir à nouveau, faire grincer le vieux bois du tiroir de sa commode, et se rappeler la tendresse de son regard.

Il savait d’instinct quand lui servir ses douceurs favorites. Quand son regard oubliait de se tourner vers le ciel, et quand elle s’enveloppait d’un silence à fendre l’âme. Il comprenait la simplicité désarmante de son esprit tordu. Avec lui, tout était à la fois clair et trouble…

Au fil du temps, il avait appris à composer avec ses petites manies, des opéras qui ne faisaient sourire qu’elle. Et quand elle avait froid, le soir, il les lui jouait en boucle pour la bercer.

Mais au dessus de tout, ce qu’elle préférait de lui, c’était son rire, et ses soupirs. La sincérité des sons lancés innocemment caressait son oreille comme s’il lui soupirait, Je suis heureux… ou Tu me manques… sans dire un mot. Quelques fois, elle l’avait presque senti lui dire  Je t’aime. mais il s’était rattrapé au dernier moment.

Son rire calmait ses angoisses, et ses peurs. Son bonheur éclairait chaque recoin de sa sombre conscience torturée… Mais les échos de sa voix mourraient éventuellement dans le silence, et la noirceur la gagnait de nouveau.

Ces soupirs, et ces éclats de rire, elle aurait tout donné pour les mettre en bouteille. Pour les conserver dans un joli flacon. Pour vaporiser un peu de sa joie sur sa peau au sortir du bain… Comme un parfum de bonheur sur la courbe de son cou.

Elle aurait aimé les conserver, mais elle devait être patiente. La cure ultime à ses tristesses temporaires ne pouvant être cueillie qu’à même ses douces lèvres…  Lorsqu’elle avait la joie de les provoquer, au hasard de leurs entretiens particuliers…

 

 

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